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Plus de dons d’ovocytes et de spermatozoïdes 

pour répondre aux besoins des couples confrontés 

à une infertilité médicale

Chaque année, ils sont près de 3 500 nouveaux couples souffrant d’une infertilité médicale à s’inscrire pour bénéficier d’un don de gamètes. Une démarche à la fois éprouvante et porteuse d’espoir qui, bien souvent, représente la dernière étape d’un long parcours d’assistance médicale à la procréation (AMP).

Mais aujourd’hui on manque toujours de donneurs et de donneuses, notamment parce que le public ne connaît pas encore suffisamment l’existence du don de gamètes et ses modalités. L’Agence de la biomédecine, aux côtés des professionnels de santé et des associations, lance donc une nouvelle campagne nationale d’information et de recrutement du 2 au 26 novembre 2017.

L’objectif : prendre en charge l’intégralité des couples infertiles, dans les meilleurs délais

En 2015, 540 femmes ont donné des ovocytes (+8 % vs 2014) et 255 hommes ont donné des spermatozoïdes (+7 % vs 2014).  1 227 enfants sont nés à la suite d’une assistance médicale à la procréation avec don de gamètes réalisée en 20151. Cependant, il reste difficile de satisfaire tous les besoins et les délais d’attente sont parfois encore trop longs pour bénéficier d’un don. L’Agence de la biomédecine estime que pour atteindre l’équilibre et prendre en charge l’intégralité de ces couples infertiles, il faudrait au total chaque année 1 400 dons d’ovocytes et 300 dons de spermatozoïdes, tout en diversifiant les origines géographiques des donneurs.

La nouvelle campagne sur le don de gamètes, initiée par l’Agence de la biomédecine, a pour but de sensibiliser de potentiels donneurs avec la diffusion de 3 spots sur des radios nationales, une série de 10 chroniques sur des radios régionales, des bannières animées sur internet et la projection de 2 films d’animation en bandes-annonces au cinéma.

L’ensemble de ce dispositif oriente les donneurs potentiels vers les sites www.dondovocytes.fr et www.dondespermatozoides.fr qui indiquent les coordonnées du centre de don le plus proche et répondent aux principales questions qu’un futur donneur peut se poser.

Devenus parents grâce à un don d’ovocytes ou de spermatozoïdes, ils témoignent

20 couples devenus parents grâce à un don de gamètes se sont exprimés sur leurs parcours lors d’entretiens conduits entre 2015 et 2017 par l’Agence de la biomédecine.

Comment gérer le désir d’enfant, les échecs et l’attente d’un don ? Comment parler du don avec leurs proches, puis avec l’enfant ? Quels liens tisseront-ils avec leur(s) enfant(s) ? Autant de questionnements et d’appréhensions pour ces hommes et ces femmes confrontés à l’infertilité qui laissent place à un très grand bonheur lorsque leur projet parental a la chance de se concrétiser.

Leur expérience du recours au don de gamètes est ponctuée par 3 étapes clefs :

  • Une décision forte, un nouvel élan. Avant d’être une nouvelle étape, le don de gamètes vient clore un chapitre douloureux, celui de l’infertilité et de son acceptation. Il est donc perçu par ces couples comme un acte qui répare, une nouvelle chance. Pour autant, la phase de réflexion sur les implications d’un tel don demeure nécessaire à l’élaboration d’un nouveau projet parental. Celui-ci est vécu comme un moment fondateur de l’histoire du couple.
  • Un parcours médical qui éprouve et qui construit. Le temps des traitements est vécu différemment par les femmes, en fonction de la prise en charge médicale mise en œuvre et de leur parcours antérieur. Rétrospectivement, les couples interrogés évoquent une expérience qui renforce et qui fait évoluer en tant que couple et en tant que parent ; chacun trouvant sa place dans ce projet à deux.
  • Une parole libératrice et porteuse d’espoir. Comment en parler, avec qui, à quel moment l’aborder avec l’enfant… La question de la parole autour du don est centrale dans les témoignages. Si le sujet est sensible et reste intime au début du processus, les couples ressentent ensuite le besoin d’intégrer leurs proches dans leur histoire. En parler avec l’enfant dès que possible devient, à terme, une évidence pour tous les parents interrogés. En parler, c’est aussi pour eux partager leur expérience et leur espoir avec d’autres couples éprouvés comme ils l’ont été.

« Oui je savais que ça arrivait à certaines personnes, je me disais que c’était bien pour eux [le don de gamètes]. Mais je me disais que ça n’arrive qu’aux autres »

« [Le don de gamètes] c’était un peu comme si on se demandait en mariage. On avait un sourire jusqu’ici tous les deux, on a pleuré on ne pouvait pas s’arrêter. (…) C’était comme un soulagement. On passe à autre chose, (…) je ne peux pas avoir d’enfants, on passe au don, on avance ».

« …Le fait d’y participer, on se dit que l’on est dans un process un peu normal, on va accompagner sa femme chez le gynéco, cela fait partie de la conception d’un enfant. C’est important que je sois là psychologiquement même dans les moments difficiles et heureux, pour elle et pour moi ».

Les principaux enseignements de ces rencontres font l’objet d’un rapport de synthèse ci-contre. ​

Qui sont les potentiels donneurs ? Trentenaires et solidaires

Selon une enquête conduite par l’Agence de la biomédecine avec le soutien des centres de dons auprès de 455 candidat(e)s donneurs :

  • La majorité est trentenaire : 61 % des femmes candidates sont âgées de 32 à 36 ans et 51 % des hommes de 32 à 38 ans.
  • La solidarité est leur moteur : c’est l’empathie pour un proche touché par un problème d’infertilité qui les a conduit à  vouloir donner (2/3 des femmes, 3/4 des hommes).
  • Un acte de générosité « évident » pour 90 % des femmes et 81 % des hommes.
  • Une démarche assumée : 79 % des femmes et 61 % des hommes ont informé leurs proches de leur démarche de don.

Plus de détails dans la fiche "Qui sont les potentiels donneurs ?"

Les conditions pour donner...
  • ​Être en bonne santé.
  • Avoir entre 18 et 37 ans pour les femmes et entre 18 et 45 ans pour les hommes.

Trois grands principes éthiques régissent le don de gamètes : anonymat, gratuité, libre consentement

...Et pour recevoir



Les dons de gamètes bénéficient à des couples composés d’un homme et d’une femme en âge de procréer, mais qui ne peuvent pas réaliser leur désir d’enfants pour des raisons médicales :

  • En cas d’absence ou de défaillance des gamètes chez l’homme ou la femme.
  • Pour éviter la transmission d’une maladie grave à l’enfant ou à l’autre membre du couple.

1.Rapport d’activités médical et scientifique de l’Agence de la biomédecine. Pour information :  les résultats annuels d’activité d’AMP avec donneur sont disponibles avec un décalage de 2 ans. Elles doivent en effet prendre en compte le délai de la grossesse afin de pouvoir évaluer le nombre de naissances grâce à cette technique, ainsi que le temps de collecte et de consolidation des données nécessaire aux centres de don et à l’Agence.